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                [Elections] Pour qui allez vous voter au second tour ????
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[Elections] Pour qui allez vous voter au second tour ????

loz
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  Posté le 09 mai 2007 - 10 h 57 m 24 s
Reprise du message précédent :

Lone, la diabolisation de Sarko m'irrite aussi, mais je ne te suis pas.

Je ne reproche pas à Sarko d'aller au Fouquet's ou sur un Yacht. Par contre je lui reproche d'en faire un évènement médiatique après avoir fait une campagne laissant penser qu'il se souciait de ceux qui gagnaient pas beaucoup.

Je lui reproche d'avoir utilisé "le travail c'est la liberté" parce que la phrase n'a pas la même portée dans la bouche d'un philosophe et dans la bouche d'un politicien. Dans le premier cas j'y vois une invitation à réfléchir sur sa condition et sur notre place dans la société, dans le deuxième j'y vois une stigmatisation de ceux qui ne travaillent pas assez et une dangereuse méritocratie.

Je lui reproche aussi d'avoir utilisé "le travail c'est la liberté" en sachant que c'était très proche du "le travail rend libre" des nazis. C'est au mieux un manque de tact.

edit grillé par lone pour une partie


Message édité 1 fois, la dernière par loz le 09 mai 2007 - 10 h 58.

« Vivre simplement, pour que simplement d’autres puissent vivre. » (Gandhi)

Jack le Castor
changeur de couches

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  Posté le 09 mai 2007 - 11 h 01 m 43 s


Le 09 mai 2007 - 10 h 46, ballinette a écrit :
il mange bien où il veux et il va bien où il veut en vacances, du moment que ce n'est pas aux frais de l'Etat...


Si c'est au frais de l'État, c'est choquant.
Si c'est "offert" par les propriétaires du jet privé et du yacht, c'est quand même un peu gênant...
Si c'est payé par l'UMP, c'est un pb interne au parti...
Si c'est payé par M. Sarkozy lui-même (je pense qu'il en a les moyens), c'est son pb...

D'où la question posée par JM Apathie (et dont on aurait déjà la réponse dans n'importe laquelle des démocraties voisines) : Qui paie ?

Le reste n'est que littérature... il y aura bien plus important à surveiller dans les mois à venir... :jap:





Le 09 mai 2007 - 10 h 53, Soggan a écrit :
Pas la peine de faire polémique pour un soufflé au fromage.


:Plus1: :jap:



"Pourquoi avoir bac +5 pour changer des couches ?"

lO
N.E.S.T.A.

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  Posté le 09 mai 2007 - 11 h 04 m 02 s


Le 09 mai 2007 - 10 h 57, loz a écrit :

Je lui reproche aussi d'avoir utilisé "le travail c'est la liberté" en sachant que c'était très proche du "le travail rend libre" des nazis. C'est au mieux un manque de tact.

un manque de tact ? tu plaisantes j'espère
car "le travail c'est la liberté" rappelle plus le fronton des camps que Grossman ... et oui ! y'a des références qui restent plus présents dans l'(in)conscient collectif que d'autres
et un discours d'intronisation ou un message tv de campagne est mesuré au micron près, chaque mot est pesé et en particulier les 1ers ... et sarko savait très bien ce que ces mots évoquaient pour la majorité des gens, pour l'électorat extrémiste (qui l'a aidé à être élu), et pour les personnes qui ont vécu ces camps de bien plus près que toi lone et qui sont ceux qui m'ont parlé de ces mots et de ce qu'ils ont provoqué en eux
après je n'ai pas prétendu qu'il fallait en faire un parallèle, mais qu'il ait volontairement utilisé ces références ne fait pas vraiment de doute à mes yeux : ce type n'en est pas à ses 1ers mots "bien choisis" et ce n'est pas un improvisateur pour ce genre de discours


Message édité 1 fois, la dernière par lO le 09 mai 2007 - 11 h 06.

grand trône n'est pas grand roi. (éwé, togo)

NRAproche


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  Posté le 09 mai 2007 - 11 h 28 m 17 s
qu'il prenne du repos apres la campagne, cela ce comprend,

mais
la semaine sur ce yacht est affiche a 190K euros le voyage en jet prive qui attend pour le retour sur la piste, autant et meme plus!
et tous les "faux frais" intermediaires (gardes du corps,...)
petite escapade a 500K Euros
soit en equivalent SMIC l'equivalent d'une vie de salaire 42ansx12mois !

Bregancon etait certainement dispo et aussi calme pour moins cher

sans oublier que le lundi n'etait pas un jour ferie, et qu'a priori son fils aurait du se trouver a l'ecole! irrespect des lois, de l'ecole et des profs.




alkinoos
Crétins des Alpes

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  Posté le 09 mai 2007 - 11 h 37 m 43 s


Le 09 mai 2007 - 11 h 28, NRAproche a écrit :
Bregancon etait certainement dispo et aussi calme pour moins cher


Bip! C'est pour le president Bregancon! Sarko va le devenir le 16 mai...



VOTEZ POUR FH :gne: *

PLUS ON EST VIEUX, PLUS ON EST CON. MON CAS S'AGGRAVE TOUS LES JOURS!!!


Cybertiti
Je ne sais rien mais j'apprends vite

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Ville : Décines
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  Posté le 09 mai 2007 - 11 h 42 m 07 s


Le 09 mai 2007 - 11 h 04, lO a écrit :


Le 09 mai 2007 - 10 h 57, loz a écrit :

Je lui reproche aussi d'avoir utilisé "le travail c'est la liberté" en sachant que c'était très proche du "le travail rend libre" des nazis. C'est au mieux un manque de tact.

un manque de tact ? tu plaisantes j'espère
car "le travail c'est la liberté" rappelle plus le fronton des camps que Grossman ... et oui ! y'a des références qui restent plus présents dans l'(in)conscient collectif que d'autres
et un discours d'intronisation ou un message tv de campagne est mesuré au micron près, chaque mot est pesé et en particulier les 1ers ... et sarko savait très bien ce que ces mots évoquaient pour la majorité des gens, pour l'électorat extrémiste (qui l'a aidé à être élu), et pour les personnes qui ont vécu ces camps de bien plus près que toi lone et qui sont ceux qui m'ont parlé de ces mots et de ce qu'ils ont provoqué en eux
après je n'ai pas prétendu qu'il fallait en faire un parallèle, mais qu'il ait volontairement utilisé ces références ne fait pas vraiment de doute à mes yeux : ce type n'en est pas à ses 1ers mots "bien choisis" et ce n'est pas un improvisateur pour ce genre de discours


+1 :yes: Tout a fait d'accord!



Il me reste quelque plaques de PLEXI 120cmx85cm en 4mm => MP

Soggan
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  Posté le 09 mai 2007 - 11 h 59 m 17 s


Le 09 mai 2007 - 11 h 37, alkinoos a écrit :


Le 09 mai 2007 - 11 h 28, NRAproche a écrit :
Bregancon etait certainement dispo et aussi calme pour moins cher


Bip! C'est pour le president Bregancon! Sarko va le devenir le 16 mai...

Et si sarko a un petit kiki il a peut être pas envie de le montrer à tous le monde comme son prédécesseur :gne:



Artiste en mélanges et retraitements
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superbus
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  Posté le 09 mai 2007 - 13 h 30 m 05 s
moi le coup du yatch me gène... bien que j'en ai rien a fouttre de ou nicolas sarkosi passe ses vacances, c'est surtout le fait qu'il accèpte ce genre de petits cadeaux offert par de grands industriels...

Bref pour un président de la république ca la fout mal et ca n'augure rien de bon. Perso j'ai peur du copinage que tout ca pourrait enjandrer...



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Jonenry
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  Posté le 09 mai 2007 - 13 h 36 m 18 s

sans oublier que le lundi n'etait pas un jour ferie, et qu'a priori son fils aurait du se trouver a l'ecole! irrespect des lois, de l'ecole et des profs.


Ca se trouve qu'ils fesaient le pont dans son ecole ^^ :jap:



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  Posté le 09 mai 2007 - 14 h 00 m 56 s


Le 09 mai 2007 - 13 h 30, superbus a écrit :
moi le coup du yatch me gène... bien que j'en ai rien a fouttre de ou nicolas sarkosi passe ses vacances, c'est surtout le fait qu'il accèpte ce genre de petits cadeaux offert par de grands industriels...

Bref pour un président de la république ca la fout mal et ca n'augure rien de bon. Perso j'ai peur du copinage que tout ca pourrait enjandrer...


oula tu risque gros toi !



Doudous en kits: http://www.lheuredeslucioles.fr ;)

AozRoon
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  Posté le 09 mai 2007 - 15 h 10 m 44 s


Message édité 3 fois, la dernière par AozRoon le 09 mai 2007 - 15 h 14.

-- www.ptitvelo.net --
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  Posté le 09 mai 2007 - 15 h 18 m 50 s
ah bah l'ère du changement il parait... on change de morale, on change de méthode, on change de point de vue... on va bien se marrer !



Doudous en kits: http://www.lheuredeslucioles.fr ;)

DAGO
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  Posté le 09 mai 2007 - 17 h 42 m 26 s


Le 09 mai 2007 - 13 h 36, Jonenry a écrit :

sans oublier que le lundi n'etait pas un jour ferie, et qu'a priori son fils aurait du se trouver a l'ecole! irrespect des lois, de l'ecole et des profs.


Ca se trouve qu'ils fesaient le pont dans son ecole ^^ :jap:


Depuis quand les écoles font le pont???????? Les écoles privés en font certain, je n'ai jamais vu/entendu parler des écoles public comme quoi elles font le pont!

Sinon.. Pour le yacht, ben Blair a bien passé ses vacances aux USA dans la maison de Rotchild :P



wilka est immmortel, c'est un virus informatique :dd: (c) Dark oopa :gne:

Woofy
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  Posté le 09 mai 2007 - 17 h 51 m 06 s
En même temps, que les politiciens soient achetés par les gens riches/puissant, c'est pas nouveau !
Après, s'il paye ses vacances avec ses sous, pourquoi pas, c'est son problème il fait ce qu'il veux de ses sous ! Du temps que ce n'est pas mes sous !



:smileymouth: Totalement inutile, donc completement indispensable :smileymouth:

:sms:


Jack le Castor
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  Posté le 09 mai 2007 - 18 h 04 m 02 s


Le 09 mai 2007 - 17 h 42, DAGO a écrit :
Depuis quand les écoles font le pont????????


Depuis toujours...



Les écoles privés en font certain, je n'ai jamais vu/entendu parler des écoles public comme quoi elles font le pont!


1. Rien ne dit que le fils de Sarko n'est pas dans une école privée...
Personnellement, cela ne m'étonnerait pas... mais ce n'est pas mes oignons, après tout...

2. Les écoles publiques peuvent faire le pont, avec l'accord de l'Inspection d'Académie, et en rattrapant les cours manqués un autre jour...
par exemple, en Savoie, les écoles pouvaient faire le pont du 1er ou 8 mai (je sais plus, je suis en formation le lundi, et moi, je n'avais pas de pont) en rattrapant sur un mercredi...

3. Bon, y a pas plus important, pour l'avenir de notre pays, que la scolarité du fils du Président ???? :roll:



"Pourquoi avoir bac +5 pour changer des couches ?"

DAGO
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  Posté le 09 mai 2007 - 18 h 04 m 32 s
Oui mais si on cherche bien.. Cette argent, NS veut baisser l'ISF, donc en fait cette argent aurait pu te payer l'amelioration de l'entretien de la barriere centrale de ton metro, fait par un agent de la RATP, qui lui meme est fonctionnaire, qui lui meme est payer la l'Etat.. Donc si tu réflechie bien, la prochaine fois qeu tu verras cette barriere centrale sale... Ca sera a cause de sarkozy et ses vacances........................................... :grat: :crazy: :chtarb:















































:sors:



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Jack le Castor
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  Posté le 09 mai 2007 - 18 h 06 m 12 s


Le 09 mai 2007 - 18 h 04, DAGO a écrit :
Donc si tu réflechie bien, la prochaine fois que tu verras cette barriere centrale sale... Ca sera a cause de sarkozy et ses vacances...


ou de Johnny et consors... :pasmoi:
:sors:



"Pourquoi avoir bac +5 pour changer des couches ?"

DAGO
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  Posté le 09 mai 2007 - 18 h 07 m 06 s


Le 09 mai 2007 - 18 h 04, Jack le Castor a écrit :
3. Bon, y a pas plus important, pour l'avenir de notre pays, que la scolarité du fils du Président ???? :roll:



Quel bande de naze.. On m'a toujours dit (les profs) comme quoi ils ne pouvaient pas faire le pont!!!!!! :angry:

Sinon.. non, c'est tres important!! Si le futur roi ne s'instruit pas, on aura la meme tete de con que le prince actuel en angleterre :o :o



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Jack le Castor
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  Posté le 09 mai 2007 - 18 h 17 m 31 s


Le 09 mai 2007 - 18 h 07, DAGO a écrit :
Quel bande de naze.. On m'a toujours dit (les profs) comme quoi ils ne pouvaient pas faire le pont!!!!!! :angry:


Ils ne peuvent pas faire tous les ponts...
... et ça dépend de décisions au niveau de l'Inspection Académique de chaque département... c'est-a-dire que, d'une part, les profs ne maîtrisent pas cette décision purement administrative, d'autre part, les situations sont variables suivant les départements...
:jap:


... mais je crois qu'on est un peu HS, là, non ?... :hum: :fouette: :D:



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ballinette
Un Français qui se lève tard !!!

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  Posté le 09 mai 2007 - 18 h 21 m 02 s


Le 09 mai 2007 - 18 h 07, DAGO a écrit :
Sinon.. non, c'est tres important!! Si le futur roi ne s'instruit pas, on aura la meme tete de con que le prince actuel en angleterre :o :o


Si seulement notre roi élu pour 5 ans pouvait avoir le même rôle purement décoratif que la Reine d'Angleterre... :chepa: :roll: :D:



Dangereux pirate.

:sms:


Jack le Castor
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  Posté le 09 mai 2007 - 18 h 25 m 22 s
Allez, pour changer un peu de sujet avant de sombrer dans le poujadisme...
(ah bon, c'est déjà fait ?... :D: )

Pour tenter de cerner des pistes d'explication sur la désaffection de la gauche, le parallèle avec les États-Unis peut être intéressant...
(même si le PS français n'est pas le Parti Démocrate états-unien, et que N. Sakozy n'est - peut-être - pas le GW Bush français...)



Discours « populiste » et défense des privilèges

Cette Amérique qui vote George W. Bush

Le Monde Diplomatique, février 2004



  Les Américains connaîtront dans les prochaines semaines le nom de l’adversaire démocrate de M. George W. Bush. L’aversion que suscite le président des Etats-Unis, dans son pays et à l’étranger, fait cependant oublier qu’il conserve de très nombreux partisans. Lesquels savent utiliser au mieux le mépris dont on les accable pour camper le rôle électoralement lucratif de porte-parole d’une Amérique profonde. Ni intellectuelle ni européenne, mais assurée de sa supériorité et de ses valeurs.




Au moment où les candidats démocrates à l’élection présidentielle de novembre 2004 s’affrontaient dans l’Iowa, une publicité télévisée s’en prenait au favori des sondages, M. Howard Dean. Il y était présenté comme le choix de l’« l’élite culturelle » qui aime « augmenter les impôts, étendre le pouvoir de l’Etat, boire des latte, manger des sushis, conduire une Volvo, lire le New York Times, porter des piercings, célébrer Hollywood, assister à des spectacles gauchistes. » Ceux en somme qui n’avaient rien à voir avec le bon peuple du Midwest.

La publicité était payée par le Club pour la croissance, organisation sise à Washington aux fins de procéder aux épousailles des riches qui vénèrent le monde du business et des hommes politiques qui, partageant la même inclination, sont en mesure de la faire déboucher sur des lois sonnantes et trébuchantes. Les membres du Club sont des économistes néolibéraux, des célébrités cousues d’or, mais aussi certains des grands penseurs de feu la nouvelle économie qui ont consacré une décennie entière à décrire la déréglementation et la baisse des impôts comme l’arrivée du Messie sur terre. Ceux qui ont reconnu Jésus dans l’escalade des cours du Nasdaq, et des mandats du Ciel dans les politiques de marché diffusent à présent des spots télévisés pour fustiger cette maudite « élite ».

Dans ce paradoxe réside une partie du mystère américain de 2004. Du fait du glissement à droite des trente dernières années, la fortune est aujourd’hui plus concentrée aux Etats-Unis qu’elle ne l’avait été depuis les années 1920, les salariés bénéficient de moins de droits sur leurs conditions de travail, l’entreprise est devenue l’acteur du monde le plus puissant. Mais cette vague conservatrice – qui se poursuit – parvient encore à se vendre sous les traits d’une guerre contre les « élites », d’un soulèvement vertueux des « petits gars » contre une odieuse classe dirigeante.

Le chef de cette improbable jacquerie est le président des Etats-Unis, M. George W. Bush, ancien industriel du pétrole, diplômé de Yale, fils d’un président des Etats-Unis, petit-fils d’un sénateur, bénéficiaire à chacune des étapes de son existence de tous les privilèges dont l’Amérique d’en haut sait combler sa progéniture. M. Bush est aussi l’homme qui invoque sa « fibre populiste » au seul motif que les collets montés de la Côte Est afficheraient du « dédain » à son endroit et celui de ses compères texans.

Le populisme du président n’est pas entièrement factice. Son ressentiment à l’égard des snobs de la Côte paraît burlesque, mais il est sincère. L’homme sait s’y prendre avec l’Amérique profonde, il parle simplement aux gens ordinaires, qui, en retour, l’aiment bien. En novembre prochain, il pourrait obtenir à nouveau une fraction appréciable du vote des salariés blancs. Il y a quatre ans, il fut majoritaire dans cet électorat (90 % des Noirs ont en revanche voté démocrate en 2000).

Avec la voix des damnés de la terre

Autrefois, le populisme était la langue natale de la gauche américaine (1). Les travailleurs cherchaient à conforter la puissance des syndicats, à réglementer l’économie, à généraliser la sécurité sociale. Face à eux, le parti des patrons et le porte-parole des élites sociales : les républicains, en somme. Les républicains n’ont pas changé de place, mais ils ont consacré des années à peaufiner une forme de populisme qui leur soit associée. Elle mêle anti-intellectualisme, évocation envahissante de Dieu, homélies nostalgiques de l’Amérique profonde et de son humble ordinaire. Richard Nixon fut le premier à avoir recours à ce mélange (même si la spiritualité n’était pas son fort...). Chaque président républicain depuis s’est présenté sous un jour populiste. Si M. George W. Bush n’est que le dernier de la lignée, c’est également l’un des plus performants dans ce registre de l’homme politique simultanément inféodé aux priorités des milieux d’affaires et capable de s’exprimer avec la voix des damnés de la terre.

La formule marche. Elle triomphe. Elle est reprise par les élus, éditorialistes agents de relations publiques, firmes de courtage, publicitaires, journalistes économiques. Même Hollywood, image de tout ce que la droite prétend abhorrer, la reprend à son tour. Au cours des années 1990, un « populisme de marché » a dominé, inspiré par les stratégies de communication de Wall Street. L’idée centrale était simple : le marché est l’essence de la démocratie, laquelle ne saurait se concevoir sans lui. Puisque nous participons tous au marché – en achetant des actions, en arbitrant entre deux marques de crèmes à raser, en allant voir un film plutôt qu’un autre, les marchés expriment le choix du peuple. Ils nous apportent ce que nous demandons, déboulonnent l’ancien régime, donnent le pouvoir au consommateur. Essayer de les réglementer ou vouloir contrecarrer leur effet ne peut alors constituer qu’arrogance et tentation tyrannique des élites éduquées qui veulent continuer à passer devant tout le monde (2).

Quand les temps sont prospères, comme ils le furent il y a quelques années, le populisme de marché associe systématiquement le destin de l’Américain moyen et la prospérité des actionnaires de son entreprise. Les téléspectateurs des années 1990 n’ont ainsi cessé de voir des mini-séries publicitaires dans lesquelles la Bourse était le fourrier d’une « révolution », des petites vieilles troquaient des conseils d’investissement, les enfants s’émancipaient grâce aux marques qu’ils portaient. Pendant le boom, une chaîne de télévision suivait chaque après-midi l’évolution de la fortune des Américains les plus riches. Chacun vénérait ensuite les nouveaux milliardaires élus par les placements du peuple. Même la très républicaine Enron associa son lobbying en faveur de la déréglementation de l’électricité au mouvement des droits civiques des années 1960 (3)... La déréglementation et la privatisation étaient assimilées au pouvoir populaire. A l’issue de chaque grève écrasée avec le syndicat qui l’avait lancée, les éditorialistes imaginaient la joie des travailleurs dorénavant libérés de toute servitude.

Pendant les temps difficiles, la commercialisation du populisme de marché est plus délicate. Il cède alors la place, comme en ce moment, au vieux « populisme » du retour de bâton, assemblage de récriminations contre les « gauchistes », non pas en raison de leur absence de foi dans le marché – et donc dans la démocratie –, mais parce qu’ils auraient imposé toutes sortes de monstruosités culturelles au peuple tranquille de l’Amérique profonde. Après avoir légalisé l’avortement, interdit les prières dans les écoles publiques, ces semeurs de troubles menacent à présent de légaliser le mariage homosexuel. Là encore, l’ennemi du peuple est cette satanée « élite progressiste » identifiée à des intellectuels dont l’arrogance serait l’éternelle marque de fabrique. Là encore, le Parti républicain incarnerait de son côté les petits, les obscurs et les sans-grade, dressés contre une classe dirigeante qui méprise leurs « valeurs ».

Omniprésent à la radio et sur Fox News (4), ce « populisme » rance, réactionnaire, est obsédé par les symboles de la culture de consommation. Au lieu de s’en prendre directement aux puissants – souvent républicains... –, il vitupère les objets raffinés et snobs dont ces puissants auraient l’usage : les cafés spéciaux, les restaurants distingués, les études dans les grandes universités, les vacances en Europe et, surtout, les voitures importées.

Incommodé par de tels goûts « efféminés », le populisme rance étale les préférences supposées du pays profond (en novembre 2000, les démocrates ont été balayés dans presque tous les Etats éloignés des côtes, alors qu’ils triomphaient en Californie, à New York, au Massachusetts, symboles du cosmopolitisme honni). Quelles préférences ? Les vrais Américains aiment les gros steaks texans, le monde rural (M. Bush possède un ranch, comme Ronald Reagan avant lui), ils boivent de la bière ordinaire (non importée), travaillent de leurs mains, conduisent des voitures fabriquées au pays. L’idée que les industriels du pétrole milliardaires de Houston ou de Wichita passent aussi leurs vacances en Europe, aiment les arômes de cafés délicats et conduisent des Jaguar est apparemment jugée invraisemblable.

L’avantage de cette insistance sur la guerre des consommations est qu’elle oriente à droite la dynamique du ressentiment de classe. Les objets identifiés à l’« élite » sont en effet plus couramment utilisés par les diplômés qui se disent progressistes. A eux l’étiquette de « snobs » ; aux républicains, la seule majesté que confère l’appui de millions de gens ordinaires. Car les bons Américains détestent les « élites » et leurs goûts, ce qui explique qu’ils aient voté pour des hommes au parler simple comme l’actuel président, son père, Ronald Reagan et Richard Nixon, lequel profita à fond de la haine des intellectuels de la Côte est (la plus « européenne » des deux) et de celle du clan Kennedy. Une fois élu à la Maison Blanche, chacun de ces « hommes ordinaires » s’employa à inonder les privilégiés de faveurs...

Les travestissements de cette représentation républicaine de l’élite devraient éblouir un aveugle. Il y a d’abord ce postulat absurde qui voudrait que l’« establishment » soit composé d’hommes de gauche. Ensuite, si les partisans de M. Bush reprochent aux « progressistes » de manger des sushis et de se faire des piercings, ils n’hésitent pas à célébrer les consommateurs de sushis et amateurs de piercings quand ils voient en eux des « entrepreneurs » intrépides et des consommateurs suffisamment libérés pour être eux-mêmes. Tantôt ils méprisent Hollywood, qui pourrirait la culture nationale avec ses valeurs frelatées, tantôt ils célèbrent en Hollywood sa créativité, ses profits, son flair pour déterminer ce que le peuple a envie de voir. Sans oublier Ronald Reagan et le gouverneur Schwarzenegger, qui en viennent. Peu importe : les stratèges républicains naviguent indifféremment entre ces deux pôles, manipulant tantôt les ressorts de l’un, tantôt ceux de l’autre.

La droite américaine parvient à surmonter les contradictions de son discours en partie grâce à la gauche. Incapables de comprendre le « populisme » culturel, nombre de progressistes américains (dorlotés par les médias européens) n’y voient qu’un racisme camouflé, symbolique à leurs yeux d’une épidémie nationale. La moindre manifestation de ce populisme les fait aussitôt penser à Timothy McVeigh et aux milices d’extrême droite. J’ai fait l’expérience de cette pathologie bien-pensante lors d’une réunion récente de militants de gauche à Chicago.

Après avoir entendu une critique cinglante et juste de l’univers médiatique, de ses manipulations et de ses mensonges, je me suis levé pour souligner que des millions d’Américains « ordinaires », religieux pratiquants souvent, partageaient cette critique des médias, mais en commettant l’erreur d’assimiler au « progressisme » les puissances économiques et financières qui dominent le pays et son système d’information. J’ai alors suggéré à l’orateur de faire un effort pour établir le contact avec cette Amérique, d’essayer de retourner le ressentiment de classe qu’elle éprouve au profit de la gauche. Aussitôt, j’ai été rabroué par une membre de l’assistance, « offensée » qu’à ce compte-là il lui faudrait bientôt... chercher à convaincre les partisans du Ku Klux Klan !

Car les « populistes » de droite ont en partie raison. Certains « progressistes » aiment passer leurs vacances en Europe, boire des latte, conduire une Volvo. Mais, surtout, ils détestent le peuple américain quand il ne leur ressemble pas. Aller à un meeting des défenseurs du droit des animaux, se promener dans un campus, c’est découvrir assez vite que certaines formes d’action politique sont devenues l’apanage des classes moyennes supérieures éduquées, de la « minorité civilisée » que stigmatisait l’historien Christopher Lasch. C’est-à-dire de gens pour qui la politique est souvent davantage un exercice de thérapie individuelle, d’accomplissement personnel, qu’un effort destiné à construire un mouvement (5). Pour eux, la gauche est une spiritualité apaisante, un sentiment d’empathie pour l’« authenticité » des pauvres et des immigrés, un moyen de leur exprimer qu’on pense à eux de temps en temps. Les badges qu’on porte et les autocollants sur les pare-chocs proclament au monde la bonté des progressistes, un peu comme les choix de consommation « éthiques » et le souci de recycler les bouteilles en verre. Pour certains magazines de gauche, la contestation est même devenue une activité affriolante, avec ses stars. Une eau de toilette ne porte-t-elle pas le nom d’« Activiste » ?

Sermonner le peuple ?

Parfois on est de gauche parce qu’on naît de gauche. Une noblesse héritée autorise à détailler fièrement son pedigree. Le déclin catastrophique de la gauche américaine comme mouvement social, son assèchement, importe moins dans un cas pareil. Trop souvent, la gauche incarne la sympathie d’en haut pour les défavorisés, pas leur mouvement en vue de transformer la société. Quand ses rangs s’éclaircissent, ce qui devrait signifier qu’il deviendra plus difficile d’arracher une couverture médicale universelle, un droit de représentation syndicale, certifie au contraire pour une partie de la gauche américaine le surcroît de non-conformisme auquel elle est attachée et la « créativité » des idées « rebelles » qu’elle défend.

Se dresser contre les « ploucs » qui agitent des drapeaux étoilés devient alors plus urgent que de les convaincre de rejoindre un combat politique à vocation majoritaire. Car, trop souvent, être de gauche, ce n’est pas faire cause commune avec le peuple américain, mais le sermonner, le corriger, pointer avec insistance chacune de ses insuffisances.

Lors du débat des Nations unies qui précéda la guerre d’Irak, M. Dominique de Villepin estima sans doute qu’il arrivait à convaincre des partisans de M. Bush chaque fois qu’il démontait les fausses affirmations de la partie américaine. Bien habillé, raffiné, polyglotte, applaudi par les ambassadeurs du monde entier, il chapitrait avec la condescendance d’un aristocrate sûr de son fait un secrétaire d’Etat américain stoïque et tassé sur son siège. Ce que M. de Villepin ne mesura pas, c’est que des millions d’Américains ne se soucient pas de faits, mais se nourrissent de symboles. Or, sur ce plan, M. Bush ne pouvait espérer dramaturgie mieux adaptée à son populisme que le choc entre un pauvre Américain maladroit et un Français sûr de son coup qui cite des poètes.

Presque tous les quatre ans, des raz-de-marée électoraux se produisent dans les lieux les plus improbables, des électeurs de droite surgissent là où on aurait attendu qu’ils soient de gauche, de la colère éclate là où devrait régner la satisfaction. Tant que les progressistes américains ne se pencheront pas davantage sur les ressorts culturels de cette dynamique, ils se condamnent – et le monde avec eux – aux politiques et aux guerres décidées par une Amérique qu’ils ne font plus l’effort de comprendre.

Tom FRANCK



Le Monde Diplomatique - archives


Message édité 2 fois, la dernière par Jack le Castor le 09 mai 2007 - 18 h 35.

"Pourquoi avoir bac +5 pour changer des couches ?"

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